BY RITTIE CLEMENT

©INC - INC TV 2018

THE ONE ARMED MAN

PAPER BIRD

2016

Les États-Unis, cette terre de toutes les exagérations et de tous les possibles. Peu de pays peuvent se targuer de susciter autant d’émois, qu’ils soient positifs ou négatifs. On se focalise ici sur ce qui tourne rond, à savoir la musique. Oui, en matière de rock, l’américain sait faire. Quid du reste du monde ? Les quelques personnes d’outre-Atlantique avec lesquelles j’ai eu l’occasion de converser jusqu’alors ont toujours été agréablement surprises et même fières, d’entendre que des groupes étrangers s’inspirent de leur artistes, mais surtout de voir la crédibilité qu’ils dégagent. Après tout, nous avons aussi des trains, des rivières, des montagnes, des routes, des peines et des joies sur lesquels on peut écrire et composer. On aborde donc l’écoute de « Black Hills » du combo strasbourgeois The One Armed Man (ou en jargon BRMC « TOAM ») gardant à l’esprit la question suivante: est-on capable, par chez nous, de faire une musique qui puisse se fondre dans la playlist des radios du type « insérer 4 lettres / fréquence au hasard + FM » ? La  réponse est oui.

The One Armed Man est un de ces groupes à écouter en voiture, non pas à toute berzingue, mais au contraire fenêtre baissée, bras gauche se laissant mouvoir par le vent sur la carlingue, wayfarers au nez et main droite sur le haut du volant. Vous troquer le temps de l’écoute votre Ford Fiesta pour une Galaxie (bah oui pas la Mustang, faut pas aller vite on a dit !). « Black Hills » respire la sincérité. Le très bon mixage apportant une pointe de psychédélisme bienvenue, suggère cette retenue. Ici, on prend le temps de faire du rock et d’en explorer des facettes tantôt rugueuses (Where The River Flows, Mad Season) tantôt élégantes (Black Swan, Summer Knows), et même caniculaire (Back Home). On se réjouira, parmi de nombreux invités, de la présence de Dirty Deep, notre rock star locale du blues/garage, sur deux titres dont le single de l’album « Cold Rain ». Mention spéciale au fuzzy « My Own Gold » qui souligne l’importance au 21 ème siècle de trouver un son, pour se démarquer d’un genre, qui aux oreilles d’un public non averti peut paraître redondant.

Le deuxième album « Paper Bird » est plus ambitieux, pêchu et mature d’entrée. Le trombone se veut plus prépondérant et donne ainsi aux morceaux une esthétique plus urbaine. Cette fois ci, les ambiances nous évoquent non plus des grands espaces mais plutôt des virées nocturnes en ville (Halo, The Beginning and the End). Le mixage nous enfume toujours autant. C’est classe, propre et psychédélique. On surprend le groupe à tenter et réussir des sons plus ambitieux notamment avec la superbe Whispers in the Dark ou Sweet Anger (qui nous rappelle le National Anthem de Radiohead dans sa construction). Cette étape est réussie, si bien qu’une très belle première partie s’annonce en juillet prochain avec l’ouverture pour Lenny Kravitz dans le mythique amphithéâtre de Foire aux Vins de Colmar. Ces gaillards auront bien fomenté coup en avance, tant on s’imagine que ce bon vieux Lenny aurait sa place sur une chanson comme la très rythmée Ecstasy

Pour les fans de: Black Rebel Motorcycle Club, All Them Witches, dEUS, Triggerfinger, Brian
Jonestown Massacre.